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ÉDITO 2006

"Le cinéma, c’est de la coupe. Et pour avoir moins peur, on se raconte des histoires, bien qu’un large pan du monde fasse désormais partie du néant. Cependant le hors champ échappe souvent à l’accident de sa disparition et c’est un soulagement que de le voir alors dans le champ." disait Maurice Yadendkine et il rajoutait "Rien n’est plus beau et plus cher à mon cœur que l’œuvre expérimentale."
Comment ne pas partager cet engouement ! En tant que construction, l’image n’échappe pas à l’analyse. Elle représente même un terreau fertile pour les jeux du langage, les agencements variés de la compréhension. Et c’est par l’analyse, qu’un film sera ou non considéré comme expérimental. Car alors l’image sera le moteur, le cockpit, les ailes, l’hélice et le carburant. En tant qu’illustration, témoignage ou outil de narration, elle sera écartée, parfois à regret.
Ce point de vue permet de qualifier nos choix, matérialisés par les programmes de sélection internationale et en parallèle, par la vidéothèque à la carte. A ce large panel de film s’ajoutera, en ouverture, un programme en deux parties des travaux de Augustin Gimel, où se démonte la mécanique de l’œil, précédé de la très irrévérencieuse performance Comment se faire des amis de Jean-Christophe Petit. Prototype… de Coralie Amédéo et Emmanuelle Sarrouy clôturera le festival, film remarquable dans lequel le portrait d’un seul homme renvoie au souvenir commun.
Enfin, l’espace du quotidien sera recouvert et envahi par la très colorée Contamination, installation de Nin Bek. Vive les histoires d’amour.
H.B